#title Plan de travail parmi les femmes #author Comité Fédéral de la Région Parisienne #date 15 mai 1925 #source « Cahiers du bolchévisme », première année, n°19 #lang fr #pubdate 2026-03-29T13:18:39 #authors Parti Communiste Français #topics Féminisme, France * Buts Le Parti communiste n’est pas encore enraciné dans les masses ouvrières et paysannes. Pour que le P.C.F. ait une forte et direct influence sur les masses féminines prolétariennes et puisse les diriger dans les prochaines luttes du prolétariat, il est nécessaire de faire un travail préparatoire large et systématique, pour: 1. former et éduquer les premiers cadres d’ouvrières communistes capables d’organiser le travail parmi les larges masses féminines; 2. attirer dès maintenant l’attention des larges masses de travailleuses sur le Parti communiste, comme unique défenseur de leurs intérêts. * Moyens Pour atteindre ces buts, il faut: 1. Prendre des mesures organisatoires qui permettront à tout le Parti, de la cellule jusqu’au Comité directeur, de mener avec succès le travail parmi les femmes; 1. Mener de grandes campagnes politiques pour défendre les revendications les plus urgentes des travailleuses en se servant des fractions parlementaires et des meilleurs orateurs et journalistes du Parti. (Exemple: égalité de droits politiques et sociaux avec l’homme, à travail égal salaire égal; maternité fonction sociale; abolition des lois contre l’avortement, etc ..) ; 1. Augmenter, avec l’aide de tout le Parti et de sa presse, le tirage de l’Ouvrière jusqu’à 10.000, et la lier étroitement avec la masse des travailleuses par des centaines de correspondantes ouvrières des usines et bureaux; 1. Faire un cours spécial pour les ouvrières communistes (une cinquantaine au moins) pour perfectionner leur éducation politique générale et les préparer à mener le travail parmi les femmes. * Mesures organisatoires 1. Toutes les cellules d’entreprises où travaillent plus de vingt femmes sont obligées de charger une camarade ou un camarade de mener le travail parmi les ouvrières de l’usine. Cette ou ce camarade doit appartenir au bureau de la cellule. Les cellules doivent, dans le délai d’une semaine, désigner un organisateur parmi les femmes.
Les premières tâches des organisateurs d’ouvrières seront: a. Faire, quinze jours après leur élection, un petit rapport par écrit sur: le nombre d’ouvrières à l’usine, leurs salaires comparatifs aux salaires d’hommes, leurs conditions de travail, leurs revendications, le nombre approximatif d’ouvrières syndiquées dans la C.G.T. et C.G.T.U, conceptions politiques des ouvrières avec exemples de leurs conversations sur le gouvernement, la cherté de vie, le Parti communiste, etc ; b. Trouver, parmi les ouvrières de leurs usines, une correspondante pour l’Ouvrière. Si l’organisateur ne la trouve pas dans le délai de quinze jours, il doit lui-même, deux fois par mois, écrire une correspondance pour l’Ouvrière, jusqu’au jour où il trouvera une correspondante spécial. Pendant le temps qu’il assurera la correspondance, il doit participer aux réunions des correspondantes ouvrières convoquées par la rédaction de l’Ouvrière; c. Participer à la rédaction du journal d’usine, assurer la défense des intérêts de l’ouvrière par ce journal et organiser une collaboration suivie des ouvrières dans ce journal; d. L’organisateur doit, avec l’aide du bureau de la cellule, faire tout son possible pour organiser une réunion des ouvriers de son usine. Dans toutes les réunions d’usines où assisteront des ouvrières il assurera, avec l’aide de la commission féminine du rayon, et après l’exposé général, un petit exposé traitant des questions intéressant les ouvrières; e. L’organisateur devra chercher parmi les ouvrières de son usine une camarade qui pourrait avec succès prendre part aux cours centraux des ouvrières communistes; f. L’organisateur devra assurer la propagande individuelle auprès des ouvrières les plus intelligentes et actives de son usine pour les amener au Parti communiste (moyens de propagande individuelle : mener des conversations politiques, faire lire la presse du Parti, inviter et amener à nos meetings, etc.); g. L’organisateur devra assurer la vente de l’Ouvrière à son usine, dans la proportion minimum de 10% du nombre des ouvrières employées; h. L’organisateur devra contrôler l’impression produite par la lecture de l’Ouvrière, apporter les critiques des ouvrières à la rédaction et faire dans les assemblées du Parti des suggestions pour approfondir et élargir le travail parmi les femmes; 2. Les organisateurs d’usines seront convoqués par rayons ou groupe de rayons par la commission féminine régionale ou un groupe de commissions deux fois par mois pour rapporter sur leur travail, échanger leurs expérience et recevoir des instructions; 3. Dans tous les rayons doivent être élues des commissions féminines de trois à sept membres pour aider aux cellules à organiser le travail parmi les femmes et diriger et contrôler ce travail. Une fois par mois, le Comité fédéral convoquera tous les membres des commissions féminines des rayons pour échanger leurs expériences et leur donner des instructions. Une fois par mois aussi, les commissions féminines régionales donneront aux comités de rayons un rapport sur le travail accompli. La copie de ce rapport devra être adressée à la commission féminine fédérale; 4. La commission féminine fédérale, de cinq à sept membres, devra diriger le travail des commissions régionales féminines et des organisateurs d’ouvrières dans les cellules. La commission féminine fédérale devra rassembler le plus de matériaux possible sur la situation des travailleuses de la région. Au nom de la commission féminine fédérale, le secrétaire de la Région parisienne apportera au Comité fédéral des propositions sur les mesures que le Parti dans son entier devra prendre pour fortifier la propagande parmi les ouvrières (action municipale, parlementaire, meetings et tracts spéciaux, etc.). La commission fédérale rapporte de son travail devant le Comité fédéral, dans les délais qu’il a fixés; 5. Dans chaque numéro de l’Aube sociale, sera instituée une « Tribune de l’Ouvrière ». La commission féminine fédérale assurera sa rédaction. * La préparation du travail parmi les paysannes et ouvrières agricoles Pour préparer le terrain pour un travail systématique parmi les ouvrières agricoles et les paysannes, il est nécessaire d’obliger les rayons liés au village de traiter dans leurs conférences la situation de la femme travailleuse du village. Les rayons et cellules ruraux seront chargés par le Comité fédéral de faire de la propagande individuelle pour attirer ne serait-ce que quelques paysannes et ouvrières agricoles actives au sein du Parti. Tant qu’il n’existera pas de femmes communistes au village, les rayons et cellules devront fournir au Comité fédéral la documentation sur la situation de la paysanne et sur les moyens de l’influencer en faisant faire à nos camarades hommes des rapports oraux et écrits sur la situation de la paysanne.